Naissance en Roumanie (1984) , vit dans l’Ain, Rhône Alpes.Cours de dessin et peinture à l’huile dans l’atelier du peintre roumain Grigorie Munteanu, de  1996 à 2005.Cours de soir à l’Ecole populaire d’Art (section graphique) à Cluj Napoca, Roumanie  de 2004 à 2006 – étude du portrait.Inspiration de mon père , qui peignait des icônes orthodoxes.Pratique de la gravure (pointe sèche) depuis 2013

Démarche artistique:

Dans la dernière série de dessins, réalisés sur calque, je travaille le thème des figures fantomatiques,des visages qui nous hantent. J’évoque le double, la présence mystérieuse, soit de l’âme qui surgit en deuxième plan, soit du même visage qui surgit du passé,  en superposant parfois deux feuilles calques et en jouant sur les transparences.

Catherine Garrigue, à propos de mon oeuvre:
« Ton travail est silencieux, ténébreux et énigmatique malgré ces apparitions familières. Tels des portraits du Fayoum, ces visages portent témoignage d’une civilisation intemporelle. Les transparences, les superpositions, les jeux d’échelle entre les différentes figures suscitent  le trouble. Sentiment de l’éphémère par la diaphanéité  de ces visages dont le regard semble aspiré vers l’intérieur. Car ces figures ne se donnent pas. Elles appartiennent à ce monde en miroir : le « je » et le « tu ». Un romantisme ésotérique enveloppe secrètement ces apparitions, entre ciel et terre, qui nous enivrent par des halos évanescents; tout est calme, immobile, comme figé dans une éternité d’élégance, d’équilibre et de raison…..ton trait est délicat, expressif, et ne lasse jamais pour ta touchante orchestration »
« (…) cette apparition, toute de blanc vêtue,  immaculée, sortie comme d’un conte de fées, m’a enchantée….. Bienveillante,  sa minuscule main tendue, métaphore d’une offrande d’essence divine, s’offre à un hypothétique visiteur…. Le fond, paré de  décorations hypnotiques, trace le chemin de vie par lequel la jeune femme diaphane s’offre à notre regard….
Conclusion : cette mise en scène est touchante, enchanteresse par la délicatesse de son propos »

Mes œuvres sont marquées de cette hésitation,       résultat des errances du geste, de la pensée, du souvenir qui cherche à s’incarner…Le dessin, la gravure laisse place à l’ erreur, la possibilité donc de se tromper, ça       mène à quelque chose d’instable, de tremblant. C’est le cas de corps étheriques que je donne volontairement aux êtres que je représente. Ils n’ont pas vraiment un corps, pas d’attache sur la terre, pas de liens… ils flottent, tentés par l’aspiration d’atteindre l’au-delà, mais retenus par la condition terrestre. Leur silhouette se volatilise, se ramifie, le contour des formes s’efface.  Le regard, toujours présent, est le seul élément fixe, perdu dans les méandres en dentelles, qui s’entrelacent comme des souvenirs.

Anne-Marie Christin, « L’invention de la figure »:

« La figure « non encore inscrite  » -ni, à plus forte raison, encore désignée ou nomée comme telle- a pour caractéristique principale d’être éphémère. Telle est même sa vocation première. cette figure possède à la fois la vertu protéiforme des images qui nous viennent en rêve et le don fulgurant de la présence. Peut–être est-ce pour cette raison que l’homme a éprouvé le besoin de l’inscrire – et qu’il a fini par y prendre goût. Moins au nom de ce qu’elle pouvait « représenter »- objet réel ou pure fantaisie – que pour l’aventure extravagante que devait constituer pour lui le fait de s’approprier en réalisant un tracé. Car un tracé n’est pas une trace, c’en est même tout l’opposé: il combine l’éphémère du geste à celui de la figure à des fins de révélations ou de célébrations réciproques, susceptibles de se multiplier elles-mêmes à l’infini. »

MAURICE DENIS (1870-1943): « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »